Bob l’éponge, ce héros.

319324_10151010219935098_891632912_n
*
J’ai connu Bob l’éponge assez tard. Il faut dire que n’ayant eu la télé à la maison qu’à l’âge de 8 ans et vivant sur l’île de la Réunion où les programmes avaient à peu près 25 ans de retard, je n’étais pas la mieux placée pour tomber sur ce génie qu’est Bob l’éponge carrée.
*
Malgré sa couleur jaune écoeurante, son accoutrement ridicule et sa voix insupportable, il m’a tout de suite plu. Etait-ce son escargot géant qui miaule? (génialement absurde) Sa maison en forme d’ananas? Son meilleur ami Patrick l’étoile de mer en short hawaïen? Je ne saurais le dire, mais ce dessein animé me faisait vraiment l’effet d’une drogue de haute qualité.

*
Adolescente, je faisais du baby-sitting et avais donc une excuse merveilleusement pratique pour me bafrer des épisodes en série sans avoir à me justifier. Puis vinrent mes 18 ans et la vie « de grande », à l’abri des regards, dans mon appart, cet endroit magique où je n’avais même plus besoin d’excuse. J’ai alors passé la plupart de mes petits dèj’ assise par terre avec mon bol de céréales, scotchée devant le dessein animé magique.
*
En ce moment il me manque, et je sais enfin pourquoi ce personnage m’a toujours fasciné. Je n’aime pas mon travail actuel. De nature profondément optimiste, j’ai longtemps lutté et fais preuve de beaucoup d’imagination pour arriver à voir ce que cette expérience pouvais m’apporter de bon. Aujourd’hui, peut-être pour la première fois de ma vie, je baisse les bras. Je n’y arrive plus, je ne vois absolument plus rien qui pourrait être positif dans tout ça. Je subis mes journées de boulot avec toute la douleur de quelqu’un qui voit des moments de bonheur potentiels s’envoler à jamais…
Oui, passez moi une corde.
Si, juste là, directement autour du cou.
*
Bob l’éponge, je l’admire. Il est TOUJOURS heureux. Il travaille comme « cuisinier », dans un resto miteux, avec un patron colérique et cupide, il passe sa journée à cuire des steaks dont tout le monde se fiche comme de sa première truite, pour des clients mécontents, (plagiat de mon job?!) et pourtant… c’est l’homme l’éponge la plus heureuse du monde. Il va toujours au travail en sifflant, chantant, dansant, et en se disant que ça va être une superbe journée. Certains l’appelle crétin, pour moi c’est le champion du monde toutes catégories de l’optimisme. Le positivisme à l’état brut, dans sa forme la plus joyeuse. Le pire c’est qu’il n’a pas d’autre objectif dans la vie que de cuire ses putains de pâtés de crabe du matin au soir. Pas d’autre ambition, ni aucun projet un peu plus affriolant. Le néant. Est ce parce que Bob ne se pose pas de question profonde sur le sens de la vie? Est-il au fond ce que l’on pourrait appeler un « imbécile heureux »? Je ne le pense pas car il a parfois de grands éclairs de lucidité. Mais pour autant, cela ne l’empêche pas de n’avoir plus grande ambition que celle de passer une bonne journée et de s’appliquer à son travail du mieux qu’il peut. Tout ce qu’on lui dit de négatif, il DECIDE de bien le prendre. Plutôt qu’un manque d’intelligence, je crois plutôt qu’à la manière des enfants, Bob est fondamentalement ancré dans le présent.
*
Désolé cher lecteur cet article est allé bien plus loin que je ne l’avais prévu. A l’image de mes pensées tu me diras…
Bref. La vie est faite de choix, et la façon dont on vit ce qui nous arrive l’est également, même si ce dernier postulat en fait hurler certains. J’admire les gens qui, comme Bob, décident de faire de leur journée quelque chose d’heureux, même quand leur vie est clairement pourrie. Parfois j’aimerais réussir à vivre ma vie d’adulte avec mon regard d’enfant, être toujours dans l’instant, ne pensant à rien d’autre que l’ici et le maintenant. Crois moi, dans cet état béni, les problèmes n’existent plus.
*
Bob m’apprend à me connecter à l’enfant qui est toujours en moi, à être heureuse de la situation dans laquelle je suis, à décider par avance que ma journée sera belle, à donner une chance à tout et tout le monde de m’enrichir, à rayonner, à ne pas m’attarder sur les choses négatives, à colorer ma vie en jaune éclatant.
*
A Bob l’éponge, mon héros.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s